mardi 4 avril 2023
libertés, auto-organisation de la base, prise-en-charge écologique face aux événements extrêmes (canicule, sécheresse)
Littéralement. C’est une bonne méthode pour être en empathie avec son prochain. De partager son sort, d’être frères et sœurs, d’être solidaires.
Les visioconférences, pendant et après le confinement du covid, ont massivement accentué l’entre-soi et le pouvoir des chefs, des petits dictateurs et groupes régnants.
Le résultat – un organigramme qui cherche un état stable et hiérarchique. C’est la Guerre des Assocs. Tandis qu’une société en bonne santé laisse courir les bruits sans tuer le messager, elle accommode le marginal.
Il est urgent de défaire l’emprise sociale du numérique, qui est maintenant en train d’imposer ses normes sociales virtuelles sur le monde social de nous tous, entre nous.
On aurait du mieux anticiper ce phénomène, c’était si évident que les groupes sociaux termineraient par nous faire internaliser leurs normes. D’un irritant, ces modes sont devenues des thèmes dominants.
Le numérique est distinct surtout dans son envergure, tout comme l’époque moderne, dans sa puissance de frappe, puissance 10, 100, 1000 fois plus que ce que peut réaliser un humain physique seul, ou même en groupe. Même un géant est minuscule, face à cela.
Circuits de Juges. Pour éviter la corruption. Cela date du Moyen Age. La corruption étant le localisme, la main-mise de l’élite locale, sur la loi du royaume.
L’auto-organisation de la société, selon des critères écologiques et sociales très concrets, n’est autre que la prise en charge écologique de notre destin, face aux extrêmes. Chaque lutte ou conflit social doit être mené selon des normes écologiques, pour réussir. Sinon, on nous amène dans cet énorme aspirateur ou incinérateur énergétique qui fait que seulement le plus fort, le plus puissant, gagne – la société de destruction mutuellement assurée. Il est absolument sûr que des tactiques et des stratégies qui demandent énormément d’énergie, pour des résultats souvent purement promotionnels – qui visent la média surtout, tels des occupations, des blocus et des grèves, peuvent faire perdre la bataille, s’il n’y a pas en même temps des propositions concrètes de faire autrement qu’avec l’industriel.
Figurons-nous que la bataille est déjà bien lancée. Les augmentations de budgets de « défense » augmentent fortement, et ceci pour des années à venir. La défense. L’attaque. Sans parler des millions de cadenas, de clôtures, de murailles de Chine qui font éruption partout. La consommation atteint ainsi un nouveau zénith. Sur le front industriel, de nouvelles infrastructures promettent de nouvelles dépenses, de nouveaux excès de consommation d’énergie. Il est légitime de chercher une porte de sortie de cet état d’affaires, qui termine par polluer tout débat.
Il y a un étroit liaison entre la liberté de mouvement, la liberté d'association et l'écologie. La nature s’organise sans chefs, du bas. Les humains, dans leurs sociétés, pareil. On dit que l’humain est notable pour son adaptabilité, pas pour sa prouesse physique, dans un domaine ou autre. Cependant, il est l’un des animaux les plus redoutable en termes d’endurance et de déplacement. Et en effet, on constate que la société humaine ne pourrait se constituer que si les gens se déplacent et se rencontrent.
L’une des absurdités de la société moderne, c’est que tout en augmentant la vélocité et les distances dévalées par nos bolides diverses, tout en transformant nos communications à distance, nous n’avons pas réussi à améliorer, au même niveau, la qualité de nos vies sociales, ni la qualité de l’environnement dans lequel nous vivons. D’aucuns diraient que si, d’autres que non, sur ces points-là, mais on est structurellement déficitaire, c’est pour dire que l’on vit sur du temps emprunté. Le passé est éternelle, mais l’avenir est fini, et de plus en plus, pour tous.
Lorsqu'on parle de la nature, avec tous les doutes sur ce que peut bien vouloir dire ce mot, on se réfère à la capacité auto-organisatrice de la vie.
C'est-à-dire sa liberté … de s'organiser – même si l'on a du mal à savoir comment !
Il serait bien temps que nous nous adressions à notre propre « nature », qui n’est pas abstraite, ni séparée des autres vies.
Par rapport à la démocratie, un mot porte-manteau, on peut cependant être d'accord que c'est chaque voix qui compte, que c'est la base démographique (le peuple souverain) qui autorise l'action. On est dans le même scénario qu'avec la nature. On s'auto-construit en corps politique – ou en plusieurs corps politiques.
Ici, il est proposé que les mécanismes élémentaires constitutifs peuvent également être réduits à cette liberté de mouvement et donc d'association des corps constituant le corps politique, sous-entendu, singulier ou pluriel.
Ce concept est particulièrement difficile à saisir. Instinctivement, on pense le contraire, que c’est ma propre liberté qui me concerne, ou celle de ma famille, mon groupe social ou ma nation. On a donc utilisé, de plus en plus le mot « autonomie » et, malgré les tentatives de traduction en français, d’« empowerment » pour décrire des états où soi-même, on est libre parce que bien imbriqué dans le monde des autres. On est resté avec cette même ambiguïté – ma liberté s’arrête là où commence celle de l’autre – mais pas du tout ! Ma liberté commence grâce à l’accompagnement de l’autre. Elle se réduit à peau de chagrin lorsque je suis tout seul.
« Dans la nature », l'existence d'autrui est même le fondement de sa propre vie. La liberté individuelle ne peut être illimitée, elle doit prendre en compte l'environnement social et physique, ce qu'on appelle l'écosystème en écologie.
C'est complémentaire, une question de fédération, de binômes, tandems ou couples, de corrélations et de coexistence. Il y a un pléthore de mots qui représentent des tentatives de cerner ces concepts de collectif, de communauté de destin, de coopérations volontaires et involontaires.
Mais il faut aller plus loin dans l’analogie. Le monde vivant est fait de telle manière que même où il y a des conflits d’intérêt directs ou indirects, entre individus ou populations entières, il fonctionne. Les excréments d’un système deviennent les intrants d’un autre. On jette avec insouciance, un autre s’en charge. L’individualité de chaque vie, sa reproductibilité, permettent d’assurer la résurgence des écosystèmes, sous une infinie de formes, même après des événements extrêmes.
Seul contre tous, donc, le concept de propriété, aussi absolue et définitive que possible, est né, pour de fait mettre fin à cette complexité, figer cette discussion interminable mais nécessaire sous un seul aspect. La propriété ou l'argent rend libre, c'est un peu cela l 'idée derrière les murs de ces forteresses de consommation.
Avec la propriété naît la possibilité de vol et de violence objectifiée. On reconnaît objectivement qu'il faut des forces de sécurité, de maintenance de la paix.
« Je fais ce que je veux chez moi » est une idée aussi profondément enracinée dans les classes populaires que dans la psychologie bourgeoise. L'élite ne peut pas prétendre qu'elle s'occupe seulement de ses affaires, puisqu'elle s'occupe beaucoup des affaires des autres. Cependant, on peut très bien se faire élire en prétendant représenter les classes de ceux de qui l’ambition est de « faire ce qu'ils veulent chez eux », puisque rien n'interdit, dans la démocratie, le victoire d'une coalition de gens qui veulent qu'on leur « foute la paix ».
Il existe d'autres solutions, qui accommodent toutes les libertés, qui reconnaissent l'entre-nous et qui sont beaucoup plus proches de la réalité existentielle que le simple droit à la propriété.
La Voie Publique en est clairement une. Typiquement, les valeurs de la propriété privée tendent à éliminer ces voies, à bloquer et à réserver de vastes surfaces. Seulement les ayants droits peuvent dans ce cas avoir accès à la propriété, et on peut être pardonné si on assimile l'expression "ayant droit" à l'expression "propriétaire", puisque, dans la réalité, c'est la propriété qui donne le droit.
C'est avec fréquence maintenant que l'on forme une hiérarchie de droits qui se relient étroitement aux biens que l'on possède. La sensation de désolidarisation sociale est notable. Il y a plusieurs d’entre nous qui peuvent à peine affirmer qu’ils se sentent bienveillants envers les autres. On se réunit bien plus souvent contre un ennemi imaginé ou réel, qu’à faveur d’un idéal partagé.